Armistice du 11 novembre
Armistice du 11 novembre
Mercredi 11 novembre 2009 à 11h30
Ancien cimetière
Allocution de Monsieur Eddie AIT
Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller régional d'Ile-de-France
Vice président de la Communauté d'agglomération des Deux Rives de la Seine
Mesdames Messieurs, les représentants des autorités civiles et militaires,
Mesdames, Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants, résistants et déportés,
Mesdames, Messieurs les membres du Comité des Sages,
Mesdemoiselles, Messieurs les Membres du Conseil Local de la Jeunesse,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Nous sommes aujourd'hui réunis pour commémorer ensemble, 91 ans après sa signature en forêt de Compiègne, l'armistice du 11 novembre 1918.
Nous sommes aujourd'hui réunis pour nous souvenir de ce « cessez-le-feu », instaurant la paix des armes, laquelle fut le prélude à cette « paix des cœurs » qui prit finalement beaucoup de temps pour s'installer peu à peu en Europe.
***
Cet armistice du 11 novembre 1918 représente l'un de ces moments particuliers de notre histoire. Avec des millions de morts et de disparus, la Grande Guerre a fait tomber sur les peuples une chape de douleur qui a endeuillé la victoire.
Notre pays est en effet sortit de cette guerre ruiné et meurtri, comme il ne l'avait jamais été au cours de son histoire : 1 million 400 mille morts, plusieurs centaines de milliers de veuves et d'orphelins, plus de 3 millions de blessés, de mutilés, d'aveugles ou de gazés, ceux que l'on a appelé les « gueules cassées », dont plusieurs centaines de milliers ne purent survivre à leurs terribles blessures.
Ne l'oublions pas, des combattants d'Afrique du Nord, d'Afrique Noire, d'Indochine, d'Océanie ou d'Asie, sans être toujours préparés, ont payé aux aussi le lourd prix du sang à cette guerre qui devait être « la der des der ».
***
Cet épisode tragique et héroïque de notre histoire a profondément marqué l'inconscient collectif. 14-18 a en effet été la première guerre à impliquer autant de nations sur une partie aussi importante du globe. On n'avait jamais atteint une telle aberration dans l'acharnement guerrier.
Pendant quatre longues années, sans interruption, le sol de notre patrie fut labouré par le fer et le feu. A la guerre de mouvement, s'est succédée la guerre de position. Deux armées se sont toisées dans des tranchées boueuses, à quelques dizaines de mètres de distance.
Les poilus y ont vécu l'enfer, affrontant le froid, la boue et le tonnerre de feu : combats sporadiques, gazages, pilonnages toujours plus violents, attaques au lance-flammes...
Chaque village, chaque famille a connu le malheur et le deuil. Chaque ville, elle-même, a payé un très lourd tribut à cette hécatombe. Les noms de nos morts sont à jamais gravés sur ce monument.
***
La France d'aujourd'hui ne peut et ne doit pas oublier la somme d'héroïsme, de courage véritablement surhumain de nos soldats d'alors, ni les souffrances de leurs familles, ni la solidarité extraordinaire qui s'est manifestée dans les tranchés comme dans l'ensemble du pays.
Nous entrons dans le temps de l'Histoire, dans un temps où nous regardons et jugeons désormais ces événements du passé sans le regard des derniers témoins. Le dernier combattant français de cette tragédie s'est éteint en mars 2008. Il s'appelait Lazare Ponticelli.
Sa disparition nous renvoie à notre devoir de mémoire. Comment ne pas se souvenir de ce conflit ? Comment oublier que cette guerre a fondé une nation dans la profondeur de la douleur puis dans la gloire de la victoire ?
Honorons le souvenir et la mémoire de tous les morts de la Grande Guerre et transmettons cet héritage sacré et douloureux aux jeunes générations. Les plus jeunes doivent comprendre que la guerre n'est pas cantonnée aux images, aux dates, aux figures marquantes... Elle a réellement existé.
Dans notre monde actuel, on a presque pu croire à la guerre propre, sans morts, du moins dans son camp. Mais ce n'est qu'une illusion.
Il y a constamment une guerre quelque part dans le monde. Autrefois entre deux clans, entre deux pays, les guerres contemporaines sont pour la plupart des guerres intérieures. Des centaines de millions de personnes vivent dans des zones de conflits armés : Afghanistan, Chad, Colombie, Ethiopie, Israël, Irak, Philippines, Somalie, Sri Lanka, Darfour, Yemen...
***
Malgré les apparences, il y a de moins en moins de conflits, preuve que la diplomatie avance, que la culture de paix progresse.
La mise en avant de valeurs et de comportements qui rejettent la violence est plus que jamais essentielle. Il nous faut valoriser la voie du dialogue et de la négociation pour prévenir les conflits, quelque soit notre échelle d'action.
La Ville de Carrières se doit ainsi de promouvoir une véritable Culture de la Paix. C'est pour cette raison que la Ville est adhérente de l'Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix. Elle a reçu le 19 septembre dernier le diplôme « Mayors for Peace ».
***
Nous devons rester conscients de la fragilité de notre société qui n'est jamais à l'abri d'un possible retour de la barbarie.
Une barbarie qui prend aujourd'hui la forme du racisme, de l'antisémitisme, des discriminations, de l'exclusion et du rejet de l'autre.
Gardons nous de tout sentiment de supériorité vis-à-vis de cette société du début du 20ème siècle. Nous ne sommes finalement pas plus évolués sur le plan de l'humanisme. Les conflits nous menacent tout autant.
Il nous faut poursuivre ces commémorations, quand bien même les ennemis d'hier sont aujourd'hui des amis. A l'image de la tombe du Soldat Inconnu, il nous faut conserver les symboles des victoires et des sacrifices passés.
***
Le 11 novembre reste le symbole d'une victoire. Victoire de la démocratie mais aussi victoire de la paix sur une guerre européenne, qui a touché une grande partie du monde.
A partir de la guerre 14-18 une idée a fait progressivement son chemin : les peuples du continent européen ne devaient plus continuer à s'entre-déchirer. Le 11 novembre 1918 a été le point de départ de la construction de l'Europe.
Une construction qui se poursuit aujourd'hui et dont l'histoire s'est rappelé à nous il y a peu avec la célébration des 20 ans de la Chute du Mur de Berlin. Ce mur de la honte qui, pendant près de 30 ans, a séparé les peuples d'Europe.
***
En ce 11 novembre 2009, faisons en sorte que le souvenir de cette guerre de 14-18 nous aide à construire un monde de paix et de solidarité entre les peuples et les nations.
Ne laissons pas banaliser la violence, d'où qu'elle vienne, et sachons mobiliser nos énergies communes pour imposer le seul et unique choix qui devrait être le nôtre : celui de l'homme, celui de la vie, celui de l'avenir.
Je vous remercie.












