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Commémoration de l'appel du 18 juin

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69ème anniversaire de la Journée nationale commémorative

de l'appel historique du Général de Gaulle

à refuser la défaite et à poursuivre le combat contre l'ennemi

Jeudi 18 juin à 11h15

Jardin Charles de Gaulle

Allocution de Monsieur Eddie AIT

Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller Régional d'Ile-de-France

Vice président de la Communauté d'agglomération

des deux rives de Seine

Mesdames, Messieurs, les représentants des autorités civiles et militaires,

Mesdames, Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants, résistants et déportés,

Mesdames, Messieurs les Présidents d'associations,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Je vous remercie d'être venus nombreux nous faire l'honneur de votre présence à Carrières en cette journée du 18 juin.

Il y a 69 ans aujourd'hui, un jeune général de l'armée française dont le nom allait s'inscrire dans les pages glorieuses de notre histoire lançait depuis Londres un formidable message d'espoir au peuple français.

***

Chacun doit s'en rappeler le contexte.

Lorsque, le 17 juin 1940, le gouvernement de Pétain demande l'armistice à l'Allemagne, la France s'apprête à vivre une des périodes les plus noires de son histoire.

Le 18 juin 1940, la France, qui était à l'époque l'une des plus grandes puissances mondiales, le principal vainqueur de la Grande Guerre, se trouvait anéantie.

L'armée allemande, qui occupait déjà Paris depuis quatre jours, avait atteint la Bretagne et fonçait vers le Sud, sans rencontrer beaucoup de résistance. Des villes sans défenses étaient bombardées, des millions de civils en exode erraient sur les routes, sans espoir.

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Cela fait aujourd'hui 69 ans que le général de Gaulle lançait l'Appel du 18 juin aux forces de la résistance, depuis un micro de la BBC à Londres.

C'est en effet le 18 juin 1940, sur les ondes, que la voix d'un homme s'élève pour lancer un appel historique au peuple français. « Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne de l'ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ?... Non ! ».

C'est par ces mots pleins d'espoirs que le général de Gaulle exhorta les Français à veiller à ce que ne s'éteigne pas la flamme de la Résistance.

Le 18 juin, c'est d'abord un acte de refus et de rébellion.

Refus notamment de considérer la guerre en France comme achevée par « l'étrange défaite » pour reprendre l'expression du grand historien Marc Bloch. Pour ce général, alors sous-secrétaire d'Etat du gouvernement de Paul Reynaud, la guerre ne pouvait s'achever sur l'effondrement de la France. Il fallait continuer le combat avec notre alliée, l'Angleterre, qui seule tenait bon face à l'écrasante machine de guerre allemande.

Dans son Appel, qui courait sur les ondes mais que bien peu ont entendu, Charles de Gaulle évoque la force militaire allemande. Il rappelle la puissance de la tactique allemande et son effet de surprise. Il disait aussi « les même moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire ».

***

Il est difficile pour nous aujourd'hui de saisir ce que de tels mots avaient alors d'incroyable : alors que l'adversaire était triomphant, cet appel prophétisait l'élargissement de la guerre à l'échelle de la planète.

Cet appel proclamait sa foi en la victoire finale, alors que l'on ne disposait d'aucune force.

Il demandait, pour sauver un pays défait et rétablir la République, de s'affranchir de toutes les règles, de toutes les disciplines et de tous les usages ; de choisir l'arrachement, l'exil, l'incompréhension, la méfiance ; de s'élever au dessus des lois pour obéir à celles non écrites de la conscience.

Le 18 juin est un acte fondateur non seulement dans l'histoire de la France mais aussi dans l'idée qu'un homme peut se faire de son devoir.

« Rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance » a joliment écrit Jean Cocteau.

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle a su faire preuve de ce discernement si rare qui caractérise ceux qui ont une vision de l'Histoire.

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Il aura aussi fallu le courage des combattants de la France Libre, de la Résistance et des troupes de l'Empire qui ont constitué la nouvelle armée française.

Ce fut grâce à ces hommes, ces femmes, ces villes et ces forces que commença, en France et hors de France, dans les maquis, dans les prisons, dans les sables d'Afrique ou du Moyen-Orient, la « grande lutte des ténèbres » qu'a célébrée André Malraux.

Aujourd'hui, après le dévoilement d'une plaque au sein du Jardin Charles de Gaulle, nous leur rendons hommage.

Car c'est bien une leçon d'histoire que nous livre cet appel du 18 juin : parfois une idée, contraire à l'évidence, peu audible au milieu du vacarme de la mode et des convenances, constitue un repère, un phare dans l'obscurité des consciences.

Je vous remercie.