Journée nationale de la Déportation
Journée nationale de la Déportation
Dimanche 26 avril 2009 à 11h30
Ancien cimetière
Allocution de Monsieur Eddie AIT
Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller Régional d'Ile-de-France
Vice président de la Communauté d'agglomération
des deux rives de Seine
Mesdames, Messieurs, les représentants des autorités civiles et militaires,
Mesdames, Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants, résistants et déportés,
Mesdames, Messieurs les Présidents d'associations,
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Le nombre des déportés de France dans les camps de concentration ou d'extermination nazis au cours de la Seconde Guerre mondiale est estimé à plus de 150 000 personnes, dont 80 000 victimes de mesures de répression et 75 000 juifs, victimes de mesures de persécution touchant également les Tsiganes.
A eux seuls, ces quelques chiffres démontrent l'ampleur de la déportation et toute son horreur.
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Nous sommes ici rassemblés, toutes opinions confondues, pour, une fois de plus, nous recueillir et dénoncer les horreurs de la déportation, les actes de cruauté et de barbarie pratiqués dans les camps de la mort durant la Seconde Guerre mondiale.
Au lendemain de la libération des camps, avec le retour des premiers survivants, la nécessité d'instaurer une journée de commémoration est apparue comme primordiale.
Ainsi, dès 1954, le dernier dimanche d'avril est devenu « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation ». Cette cérémonie a une double vocation.
D'une part, il s'agit d'évoquer le souvenir des souffrances et des tortures subies par les déportés dans les camps de concentration. D'autre part, nous rendons hommage au courage et à l'héroïsme de ceux et de celles qui en furent les victimes.
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Même si les témoins de l'inimaginable sont chaque année moins nombreux, notre devoir est de commémorer cette journée des déportés, car, génération après génération, le souvenir des martyrs et de ces morts doit être perpétué.
Il importe de ne pas laisser sombrer dans l'oubli les souvenirs et les enseignements d'une telle expérience. Aussi insoutenable soit-elle, cette réalité ne doit pas être oubliée.
Nous ne devons pas oublier l'atroce et scientifique anéantissement de millions d'innocents.
Nous devons garder en mémoire les gestes héroïques d'un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, aux travaux épuisants, aux sadiques représailles et à la cruauté réfléchie des bourreaux.
Aujourd'hui, la nation française honore la mémoire de tous les déportés, survivants ou disparus, pour rendre hommage à leur sacrifice. Leur mort n'est pas un chant funèbre : c'est l'appel profond au combat pour la vie.
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Non, le temps ne peut effacer les crimes. C'est à la conscience collective, c'est-à-dire à nous tous, de les rappeler toujours, pour les éradiquer à jamais.
Et dans ce combat, chacun d'entre nous doit rester vigilant. Car la menace négationniste est toujours là et l'actualité n'a de cesse de nous le rappeler.
Il y a moins d'une semaine, les propos antisémites du président iranien lors de la conférence de Durban sur le racisme ont profondément choqué la communauté internationale.
Déjà, dans le passé, Mahmoud Ahmadinejad avait menacé de « rayer Israël de la carte » et avait considéré la Shoah comme un « mythe ». Lundi dernier, il a accusé Israël d'avoir privé « de terres une nation entière sous le prétexte de la souffrance juive ».
Ceci n'est qu'un exemple parmi d'autres. Mais il illustre les travers racistes de nos sociétés. La peur de l'autre et son rejet est facile. Il est aisé de fermer les yeux ou de minimiser certains faits.
Chaque fois qu'il m'arrive de penser à ces pages honteuses de notre histoire et à ces événements liés à l'actualité, je ne peux m'empêcher d'évoquer les quelques lignes de Martin Niemöller, ce pasteur allemand enfermé à Dachau, qui écrivait :
« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je me suis tu, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes,
je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les sociaux-démocrates,
je me suis tu, je n'étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs,
je me suis tu, je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait plus personne pour protester. »
Alors oui, faisons attention. Ce ne sont pas là les propos d'un homme vivant dans le passé. Et ce n'est pas aux plus anciens réunis ici parmi nous que je veux m'adresser. Non, ceux-là savent, ceux-là l'ont vécu.
C'est aux autres, à tous ceux qui, parce qu'ils sont plus jeunes, parce qu'ils ne peuvent avoir qu'une notion éthérée de ces horreurs, que je veux m'adresser.
Ne laissons pas l'Histoire refermer son livre.
J'en appelle à votre vigilance, j'en appelle à votre bon sens, pour que nous puissions dire à toutes les victimes qui ne sont jamais revenues de ces camps, de cet enfer : « Frères humains qui avant nous viviez, nous n'avons pas oublié ».
Je vous remercie.












