Semaine de la Langue française
Semaine de la Langue française
Samedi 21 mars 2009 à 10h30
Allée Aimé Césaire
Allocution de Monsieur Eddie AIT
Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller Régional d'Ile-de-France
Vice président de la Communauté d'agglomération
des deux rives de Seine
Mesdames, Messieurs les élus,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
En cette première journée du Printemps, nous sommes réunis pour célébrer la « Semaine de la langue française ». Cette manifestation nationale est organisée afin de faire partager par le plus large public un moment de découverte et de fête autour de la langue française. C'est l'occasion de redécouvrir ces mots qui nous semblent si familiers, si quotidiens.
Pour cette rencontre traditionnelle avec les mots, nous avons cette année décidé de rendre hommage à Aimé Césaire. Cet hommage se fera en plusieurs temps, avec, tout d'abord, l'inauguration de cette allée située à proximité du Groupe scolaire Bretagne.
Baptiser cette allée du nom d'un des plus grands écrivains du 20ème siècle, c'est là un beau clin d'œil pour les jeunes Carriérois qui côtoient ce lieu au quotidien. C'est une manière de rappeler aux jeunes générations le combat d'un auteur français engagé.
La suite de cette matinée dédiée à Aimé Césaire se poursuivra au Pôle Michel Colucci. La Compagnie du Poisson Lune y proposera une animation culturelle.
Cet après-midi aura lieu un café littéraire consacré à un autre amoureux des mots : l'écrivain contemporain Erik Orsenna. Je vous donne rendez-vous à la Bibliothèque Octave Mirbeau à 16h.
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Pour l'heure, je souhaiterai vous dire quelques mots à propos d'Aimé Césaire. Le 17 avril prochain marquera l'anniversaire de son décès, survenu l'année dernière.
Né en 1913 et issu d'une famille populaire de 7 enfants, Aimé Césaire a été éduqué très tôt à la lecture et à l'écriture. Son grand-père fut en effet le premier enseignant noir en Martinique et sa grand-mère, contrairement à beaucoup de femmes de sa génération, savait lire et écrire.
Il suit de brillantes études en Martinique avant de devenir boursier et d'entrer en classe d'hypokhâgne au lycée Louis-le-Grand. Dès le premier jour, il y rencontre Léopold Sédar Senghor, avec qui il noue une amitié qui durera jusqu'à la mort de ce dernier.
Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, Aimé Césaire découvre progressivement une part refoulée de son identité. C'est ainsi qu'avec d'autres étudiants antillo-guyanais et africains il créé en 1934 le journal « l'Étudiant noir ». C'est dans les pages de cette revue qu'apparaîtra pour la première fois le terme de « Négritude ».
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Forgé par Aimé Césaire en réaction à l'oppression culturelle du système colonial français, ce concept vise à rejeter d'une part le projet français d'assimilation culturelle et, d'autre part, à promouvoir l'Afrique et sa culture.
La Négritude n'est cependant pas issue d'une vision partisane et raciale du monde. Il s'agit davantage d'un humanisme actif et concret, à destination de tous les opprimés de la planète. Césaire déclare en effet : « Je suis de la race de ceux qu'on opprime ».
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Après guerre vient le temps de l'engagement politique. Aimé Césaire est élu Maire de Fort-de-France en 1945 et devient député. Un mandat qu'il conservera jusqu'en 1993. En 1946, il obtient la départementalisation de la Martinique. A l'époque, cette décision est peu comprise par de nombreux mouvements proches de l'indépendantisme.
Pour Césaire, cette mesure vise à lutter contre l'emprise du conservatisme blanc sur la politique martiniquaise. C'est par mesure de modernisation et pour permettre le développement économique et social de la Martinique, que le jeune député prend cette décision. Une décision qui, avec les récents événements en Martinique et en Guadeloupe, prend une dimension très actuelle.
Aimé Césaire restera Maire de Fort-de-France jusqu'en 2001.
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Mais revenons plutôt à l'œuvre d'Aimé Césaire. Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands poètes en langue française du 20e siècle. Surnommé « le nègre fondamental », il a influencé de nombreux auteurs. Sa pensée et sa poésie ont nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l'acculturation.
« J'ai plié la langue française à mon vouloir-dire. » C'est par ces mots qu'Aimé Césaire traduit le mieux son rapport à la langue française. C'est grâce à lui que notre langue peut prétendre être un peu plus que la langue de l'Hexagone et que notre culture peut continuer à s'affirmer comme universelle.
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Et c'est en cela que la Semaine de la langue française trouve tout son intérêt. Défendre la langue française, c'est défendre le plurilinguisme.
Pour que le français continue d'être employé dans toutes les circonstances de la vie sociale, il doit évoluer avec notre monde contemporain. Une langue figée est une langue morte. Le français s'enrichit naturellement, spontanément, d'année en année, grâce à l'inventivité verbale de nos concitoyens, des jeunes, des journalistes, des écrivains, des poètes, ou grâce à la rencontre avec d'autres langues.
C'est pourquoi il nous appartient de sensibiliser le public à la langue française et à ses multiples richesses. Nous poursuivrons dans cette voie, comme nous l'avons fait jusqu'à présent en proposant aux Carriérois de nombreuses manifestations culturelles dédié à la littérature et aux grands auteurs.
Je vous remercie.












