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Commémoration de la fin de la guerre d'Algérie

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Commémoration de la fin de la guerre d'Algérie

 

Vendredi 5 décembre 2008 à 11h

Ancien cimetière

 

Allocution de Monsieur Eddie AIT

Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller Régional d'Ile-de-France

Vice président de la Communauté de communes

des deux rives de la Seine

 

 

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs, les représentants des autorités civiles et militaires,

Mesdames, Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants, résistants et déportés,

Mesdames, Messieurs les Présidents d'associations,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

En ce vendredi 5 décembre 2008, nous voici réunis devant le monument aux morts de Carrières. Nous rendons hommage aux morts de la guerre d'Algérie.

 

La date du 5 décembre correspond à l'inauguration du monument national érigé en 2003 quai Branly à Paris à la mémoire de tous les soldats morts en Algérie de 1952 à 1962.

 

C'est aujourd'hui le seul lieu où leur mémoire est totalement rassemblée.

 

Nous sommes réunis pour nous souvenir et commémorer cet épisode douloureux de l'histoire commune à la France et à l'Algérie.

 

La guerre d'Algérie est une période complexe de notre histoire qui, pendant longtemps, fut occultée de l'enseignement, déclenchant des prises de position le plus souvent passionnées.

 

Preuve que les blessures ne sont pas encore guéries...

 

***

 

Car cette guerre ne fut pas comme les autres : elle s'est située dans un mouvement mondial de décolonisation irréversible.

 

Les batailles prirent des formes inconnues pour les militaires, entre actions de guérillas, attentats aveugles, coups d'État...

 

Ces combats d'un genre nouveau furent les prémices de ces conflits modernes qui, hélas, ensanglantent le monde d'aujourd'hui.

 

Ce fut sept années d'un combat qui ne voulait pas dire son nom, de 1954 à 1962. Des dizaines de milliers de victimes civiles et militaires ont marqué définitivement toute une génération.

 

La loi du 18 octobre 1999, votée à l'unanimité par le Sénat et l'Assemblée nationale, viendra tardivement reconnaître officiellement ce conflit comme une « guerre », et non plus comme un ensemble d' « événements » ou une simple « opération de maintien de l'ordre ».

 

***

 

La guerre d'Algérie, ce fut aussi des opérations massives de déplacements de populations. Plus de deux millions de ruraux durent quitter leurs villages pour être regroupés dans des centres contrôlés par l'armée française.

 

***

 

Du point de vue français, les troubles d'Algérie ne furent pas pris au sérieux pendant plusieurs mois.

 

La lutte armée s'intensifia par la suite : les effectifs de l'Armée de Terre furent plus que doublés, passant de 83 400 en février 1955 à 180 000 en janvier 1956.

 

Le gouvernement français de Guy Mollet aurait voulu proposer la reconnaissance de l'identité algérienne. Mais il fut contraint de capituler : le FLN lui réclamait la reconnaissance préalable du droit à l'indépendance, le cessez-le-feu n'intervenant qu'après la conclusion d'accords politiques.

 

La voie de la négociation était rompue.

 

S'ensuivit une longue période d'attentats de triste mémoire, notamment à Alger.

 

***

 

Le 13 mai 1958, certains Français d'Algérie jugèrent l'occasion propice pour créer un comité de salut public.

 

Peu après, le général de Gaulle fut rappelé aux affaires par le président René Coty et investi des pleins pouvoirs constituants par l'Assemblée nationale et le conseil de la République.

 

Le 3 juin 1958, la IVe République disparaissait.

 

En octobre 1958, après un référendum, véritable plébiscite en faveur du général de Gaulle, celui-ci proposa le plan de Constantine.

 

La paix des braves fut rejetée par le gouvernement provisoire de la République algérienne.

 

Les mois suivants, de Gaulle se heurta à l'hostilité de l'armée.

 

Après plusieurs épisodes de négociation, les deux camps arrivèrent à s'entendre sur les accords d'Évian.

 

D'après ces accords, l'Algérie deviendrait un état indépendant coopérant avec la France, après que le peuple algérien se serait prononcé pour cette solution par un référendum d'autodétermination.

 

Le 19 mars 1962, le cessez-le-feu était proclamé.

 

***

 

Mais cette date ne saurait traduire le retour de la paix.

 

Pour certains, le cessez-le-feu correspond à une accélération des drames vécus et au basculement dans les déchirements.

 

Pour nos compatriotes français d'Algérie rapatriés, c'était l'abandon de leur terre natale et de leurs racines.

 

Pour les harkis, qui n'envisageaient pas d'autre avenir que dans la France, cette fidélité fut un choix lourd de conséquences, pour lesquels ils ont payé un lourd tribut.

 

***

 

Aujourd'hui, il nous faut assumer le passé pour mieux nous projeter dans un avenir de paix et de réconciliation, celui de la France et de l'Europe.

 

Celui dans lequel s'inscrit nécessairement une coopération étroite avec les pays du bassin méditerranéen. L'Algérie est de ceux-là.

 

Deux éléments participent de cette réconciliation : le devoir de mémoire, tel que nous l'accomplissons maintenant, et le devoir d'histoire, qui traduit aussi la capacité d'une nation à affronter la vérité des faits.

 

Ces deux éléments ne s'opposent pas, ne se substituent pas l'un l'autre, ils sont complémentaires, indissociables.

 

***

 

Mais, lorsque l'on évoque la paix, c'est, a contrario, pour penser immédiatement à la guerre, plus que jamais présente dans le monde en ce début de troisième millénaire.

 

Car aujourd'hui, nous vivons à l'heure d'une autre guerre, celle du terrorisme international.

 

11 septembre 2001 : attentats de New York ; 11 mars 2004 : attentats de Madrid. 7 juillet 2005 : attentats de Londres.

 

Ou même, plus récemment, attentats de Bombay...

 

C'est le Monde entier qui est touché.

 

Dans ce contexte, il me semble plus que jamais indispensable que l'Europe soit de plus en plus forte pour faire face aux défis mondiaux qui s'annoncent.

 

Je vous remercie de votre attention et vous propose de partager le verre de l'amitié.