Dimanche 19 2012

Cérémonie commémorative du 66ème anniversaire de la libération de Carrières-sous-Poissy du 29 août 2010

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Cérémonie commémorative du 66ème anniversaire de la libération de Carrières-sous-Poissy du 29 août 2010

 

Dimanche 29 août 2010 à 10h15

Hôtel de Ville

 

Allocution de Monsieur Eddie AIT

Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller Régional d'Ile-de-France

Vice président de la Communauté d'agglomération des deux rives de Seine

 

Mesdames, Messieurs, les représentants des autorités civiles et militaires,

Mesdames, Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants, résistants et déportés,

Mesdames, Messieurs les Présidents d'associations,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Il y a 66 ans, jour pour jour, notre commune était libérée après des années d'oppression et de privations.

 

Il aura fallu beaucoup de force et d'obstination pour restaurer la démocratie locale à Carrières-sous-Poissy. C'est un grand mouvement historique qui a permis à notre ville de se libérer dans le cadre de la bataille de France.

 

***

 

Le 6 juin 1944, le débarquement allié avait ouvert la voie tant espérée. Le 1er août marque en Normandie l'arrivée de la 2e DB du Général Leclerc. Le 15, l'armée commandée par de Lattre de Tassigny débarque en Provence.

 

Ici à Carrières, beaucoup d'habitants écoutent, sur la TSF, la voix de la France libérée qui se fait entendre pour la première fois le 20 août 1944.

 

La Libération est alors en marche. Il s'agit d'abord de démanteler les forces ennemies, en sabotant les communications, pour gêner leurs contre-offensives. Les résistants préparent le terrain pour permettre des avancées spectaculaires. La Bretagne est libérée en cinq jours.

 

En plus des militaires, c'est grâce à l'engagement des civils que le soulèvement prend un caractère national. La grève générale paralyse l'appareil économique nazi. Le peuple participe à sa propre libération après des années d'occupation.

 

***

 

Entre 1940 et 1944, Carrières a vécu l'occupation allemande comme de nombreuses autres communes françaises : réquisitions - la commune a du fournir 160 matelas et 220 draps à l'armée allemande en juillet 1940 - entraides entre habitants via l'organisation de kermesses ou la réalisation de colis pour les prisonniers...

 

Dès 1942, les bombardements furent très nombreux à Carrières en raison de la proximité de l'usine Ford, de la gare de triage d'Achères et des ponts stratégiques (Verneuil, Conflans, Poissy...).

 

La libération interviendra le mardi 29 août 1944 alors que les Allemands avaient déjà entamé leur retraite de la région.

 

Installés sur les hauteurs de Villennes, les troupes américaines tiraient sur les Grésillons et les allemands s'enfuyaient progressivement, tuant tous les chiens qu'ils rencontraient, prenant des carriérois en otage... Heureusement, ils furent rapidement libérés, alors même que la résistance opère plusieurs faits d'armes. Ce sont ces soldats de l'ombre qui ont désarmé les soldats nazis qui gardaient l'écluse

 

Le 28 août 1944, les habitants de Carrières s'enfuient sur ordre du Maire. C'est d'ailleurs en préparant cet exode que deux des frères Tissier sont tués par les allemands.

 

Le lendemain, Carrières est libérée par les troupes du capitaine Whitley et le groupe des forces françaises de l'intérieur du lieutenant Beurotte.

 

***

 

La libération est synonyme de joie collective intense. Le Général de Gaulle déclare à cette époque : « Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici chez nous (...) debout pour se libérer (...) Non ! Nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a des minutes qui dépassent chacune de nos propres vies. »

 

En effet, ce moment tant attendu est enfin arrivé, cette soif de liberté est enfin assouvie.

 

***

 

Cette page de notre Histoire et les perspectives qu'elle a ouvertes n'auraient pas été possibles sans l'action de tous les combattants, en particulier ceux d'entre eux qui ont participé directement à la libération de Carrières  et de ses environs.

 

Aujourd'hui, nous rendons hommages à tous ces héros carriérois - militaires, résistants et habitants - en dévoilant cette plaque. Je souhaite que ce symbole perdure, qu'il rappelle à tous ce que Carrières a vécu et que la grande Histoire est avant tout une somme de petites histoires comme celle que je viens de vous retracer.

 

Je tiens à rendre hommage une nouvelle fois aux associations d'anciens combattants, de résistants et de déportés pour leur action et leur dévouement. Vous faites un travail de mémoire extraordinaire.

 

En libérant notre ville de l'oppression, après des années de souffrances, les combattants et les résistants de Carrières et de ses environs ont rendu à nos compatriotes le premier de leur droit, celui de la liberté, fondement de notre démocratie locale et nationale.

 

***

 

Notre volonté de se souvenir de cet événement capital pour Carrières  va bien au-delà de cette cérémonie annuelle. Ce n'est pas une commémoration de plus. Le but n'est pas de se souvenir pour le principe de se souvenir, mais bien de mesurer la portée de cet événement sur nos vies.

 

Pourrions-nous aujourd'hui librement circuler, travailler, nous rassembler, nous exprimer si nos aînés ne s'étaient pas battus pour la liberté ?

 

Je pense en particulier aux plus jeunes d'entre nous parce que, en raison de leur âge, beaucoup d'entre eux n'ont encore qu'une brève connaissance de ces événements. Pensez que beaucoup des combattants avaient leur âge et que beaucoup ont payé de leur vie pour qu'ils puissent profiter aujourd'hui des libertés fondamentales.

 

Du sang a coulé, des enfants sont devenus orphelins, des femmes et des hommes ont été blessés pour retrouver la liberté, leur liberté, notre liberté, la première des valeurs républicaines qui s'affichent sur le fronton de notre mairie.

 

***

 

Ces valeurs ont une portée particulière aujourd'hui car cette commémoration s'accompagne d'une cérémonie en l'honneur des nouveaux naturalisés.

 

Il nous a semblé important de relier la passé de notre ville à son avenir qui, n'en doutons pas, s'écrit jours après jours avec ceux qui ont choisi d'être naturalisés, de devenir Français et de s'associer à ce qui fonde notre histoire commune. Une histoire qui est indissociable du combat pour la liberté et la démocratie.

 

C'est à nous tous maintenant d'être les garants de cette liberté, tout en encadrant ses dérives et ses travers.

 

***

 

Aujourd'hui, le souvenir de la Libération est intact parce qu'il s'est transmis de génération en génération. Il est de notre devoir de continuer à le perpétuer. Aujourd'hui c'est à nous d'en parler, demain ce sera à nos enfants d'apprendre à leurs propres enfants.

 

Ainsi nous n'oublierons jamais ce que nous devons aux acteurs de la France libre.

 

Au nom du conseil municipal, au nom de notre ville et de tous les Carriérois, je leur exprime, en cet instant, notre émotion, notre reconnaissance et notre respect.

 

Je vous remercie.