Dimanche 19 2012

Journée nationale de commémoration des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions

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Journée nationale de commémoration des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions

 

Lundi 10 mai 2010 à 11h

Ancien cimetière

 

Allocution de Monsieur Eddie AIT

Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller Régional d'Ile-de-France

Vice président de la Communauté d'agglomération des deux rives de Seine

 

Mesdames, Messieurs, les représentants des autorités civiles et militaires,

Mesdames, Messieurs les représentants des associations d'anciens combattants, résistants et déportés,

Mesdames, Messieurs les Présidents d'associations,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Cette date symbolique du 10 mai a été retenue pour marquer en France métropolitaine l'abolition de l'esclavage et les luttes qui ont été menées pour sa suppression, autant par des esclaves dans leur lutte quotidienne pour la survie, que par des humanistes comme l'Abbé Grégoire et surtout Victor Schœlcher.

 

En ce jour d'hommage solennel de la Nation, nous devons tous avoir à l'esprit les valeurs qu'incarne notre République, valeurs dont nous devons être fiers. C'est au nom de ces valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité que des femmes et des hommes se sont battus pour faire abolir l'esclavage.

 

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N'oublions pas que l'abolition de l'esclavage en France s'est opéré progressivement.

 

Le 3 février 1794, sur une proposition des députés René Lavasseur, Delacroix et Danton, l'esclavage est aboli sur tout le territoire de la République Française. Danton avait alors défendu la notion de liberté universelle : « Représentants du peuple français, jusqu'ici nous n'avons décrété la liberté qu'en égoïstes et pour nous seuls. Mais aujourd'hui nous proclamons à la face de l'univers, et les générations futures trouveront leur gloire dans ce décret ».

 

Dès 1799, cette loi sera transgressée quand la traite reprendra au Sénégal. En 1802, le Premier consul Napoléon Bonaparte rétablira l'esclavage en France. Il sera définitivement aboli en 1848 par la IIème République.

 

Selon les considérants du décret d'abolition du 27 avril 1848, « l'esclavage est un attentat contre la dignité humaine, [...] en détruisant le libre arbitre de l'homme, il supprime le principe naturel du droit et du devoir, [...] il est une violation flagrante du dogme républicain : Liberté, Egalité, Fraternité. L'abolition de l'esclavage s'applique dans toutes les colonies et possessions françaises dans les deux mois de la promulgation du décret dans chacune d'elles. »

 

L'article 7 précise enfin que «  Le sol de la France affranchit l'esclave qui le touche ».

 

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Ce décret est venu tourner un page peu glorieuse de l'histoire de notre pays. Il mit fin à plus de deux siècles d'économie de traite. Deux siècles au cours desquels s'est développé entre le continent africain et les Amériques ou les Mascareignes un florissant commerce d'esclaves destinés aux plantations de cannes à sucre.

 

La France fut le premier Etat et demeure le seul à avoir déclaré la traite négrière et l'esclavage « crime contre l'humanité » Mais là aussi, cette reconnaissance est intervenue tardivement. La loi tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité date de 2001... Elle faisait suite à une proposition Christiane Taubira, députée de la Guyane.

 

Le 18 février 1999, Christiane Taubira déclarait « Nous sommes là pour dire que la traite et l'esclavage furent et sont un crime contre l'humanité ; [...] qu'il est juste d'énoncer que c'est dans nos idéaux de justice, de fraternité, de solidarité, que nous puisons les raisons de dire que le crime doit être qualifié. Et inscrit dans la loi parce que la loi seule dira la parole solennelle au nom du peuple français. »

 

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Des premières expéditions négrières jusqu'aux abolitions, ce sont entre 12 et 15 millions d'hommes et de femmes qui ont été déportés d'Afrique pour devenir esclaves dans les plantations et les mines du nouveau monde.

 

A partir di XVème siècle, des millions d'hommes et de femmes, considérés come de vulgaires marchandises, furent déportés et asservis. Envers ces victimes, la loi française appelle au devoir de mémoire. Elle invite également à saluer le courage de celles et des ceux qui, par leur révoltes, ont mis fin à ce système : la liberté n'a pas été octroyée aux esclaves, ils l'ont conquise.

 

Dans notre monde contemporain, nous devons rester vigilants et lutter contre toutes les formes modernes d'esclavage. Des êtres humains sont aujourd'hui encore l'objet d'une traite ignoble : trafic clandestin de migrants en vue d'un travail forcé, exploitation d'enfants enlevés à leur famille et maltraités.

 

Le travail forcé existe encore, sous une forme ou sous une autre, sur presque tous les continents. Selon les Nations unies, plus de 20 millions de personnes en sont victimes.

 

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Nelson Mandela a proclamé avec force : « J'ai lutté contre la domination blanche, et j'ai lutté contre la domination noire. J'ai défendu l'idéal d'une société libre et démocratique, dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales ».

 

Les Droits de l'Homme ne valent que parce qu'ils sont universels. Ils ne sont valables que parce qu'ils s'appliquent à tous « sans distinction d'origine, de race, ou de religion », pour reprendre les termes de notre Constitution.

 

En mettant fin à une situation inacceptable, les promoteurs de l'abolition de l'esclavage ne faisaient pas seulement œuvre d'humanité, mais confortaient les fondements de la démocratie et de la République.

 

C'est ce qu'avait compris Abraham Lincoln quant il déclarait en 1862 devant le Congrès américain «  En donnant la liberté aux esclaves, nous assurons celle des hommes libres. Ce que nous offrons est aussi honorable pour nous que ce que nous préservons ».

 

Je vous remercie.