Mercredi 15 2012

Commémoration de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat

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Commémoration de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat

 

Vernissage de l'exposition « Laïcité et loi 1905 »

Mercredi 9 décembre 2009 à 19h30

Pôle Michel Colucci

 

Allocution de Monsieur Eddie AIT

Maire de Carrières sous Poissy, Conseiller Régional d'Ile-de-France

Vice président de la Communauté d'agglomération des deux rives de la Seine

 

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand faisait voter la loi sur la séparation des Églises et de l'État. Encore aujourd'hui, ce vote constitue un événement fondateur de la société française du 20ème siècle.

 

A travers cette commémoration, la Ville de Carrières a souhaité sensibiliser les Carriérois sur cette notion complexe qu'est la laïcité. L'exposition qui vous est ici présentée retrace l'histoire de la loi de 1905, pour mieux comprendre l'un de principes fondateurs de notre République.

 

Les plus jeunes ont également été associés à ce temps fort. Le groupe du Contral Local d'Accompagnement à la Scolarité a ainsi travaillé sur la laïcité. Ils ont élaboré un texte - leur définition de la laïcité - qui sera lu à la suite de cette intervention.

 

***

 

Mais revenons tout d'abord à l'histoire de cette loi...

 

Adoptée à l'initiative du député socialiste Aristide Briand le 9 décembre 1905, cette loi est avant tout l'achèvement d'un affrontement violent qui a duré presque 25 ans. Il a opposé deux visions de la France. D'un côté, la France cléricale. De l'autre, la France républicaine et laïque. Et chacune de ces visions comportait des nuances plus ou moins extrêmes.

 

Les intérêts et les enjeux étaient compliqués. Ils provoquèrent des débats houleux et passionnés. La loi sur la séparation des Eglises et de l'Etat ne devait ni s'apparenter à une loi de persécution anti-chrétienne, ni permettre une destruction complète des Églises.

 

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Cette loi a confirmé la notion de laïcité à la française. Elle a proclamé la liberté de conscience et, aujourd'hui encore, est garante du libre exercice des cultes.

 

La laïcité pose comme fondement la neutralité religieuse de l'État. L'État n'intervient pas dans la religion du citoyen, pas plus que la religion n'intervient dans le fonctionnement de l'État. De même, l'État n'intervient pas dans le fonctionnement de la religion, sauf si la religion est persécutée. C'est le sens de l'article 1 de la loi de 1905 : « l'État garantit l'exercice des cultes. ».

 

Par cette loi, l'État manifeste sa volonté de neutralité religieuse mais ne s'exonère pas de ses responsabilités.

 

Il veut « garantir » à chacun les moyens d'exercer librement sa religion dans le respect de celles d'autrui. C'est dans cet esprit que sont instituées des aumôneries dans les milieux fermés (casernes, lycées, prisons, hôpitaux)... et, plus tard, des émissions religieuses sur les chaînes publiques de télévision.

 

Progressivement, la notion a évolué, notamment avec la création de la charte de la laïcité dans les services publics en 2006 qui impose aux agents publics un devoir de neutralité.

 

Mais le cœur de cette notion reste le même. La laïcité désigne la séparation du civil et du religieux.

 

***

 

La laïcité telle qu'elle est vécue et perçue aujourd'hui renvoie à plusieurs autres notions.

 

La liberté d'expression et d'opinion, tout d'abord. La loi de 1905 permet à chacun de pratiquer la religion de son choix (ou de n'en pas pratiquer du tout), tant que cette pratique ne va pas à l'encontre des droits d'autrui.

 

Ensuite, la notion d'égalité. L'article 2 de la loi de 1905 précise que « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ».

 

Enfin, les principes d'unité et de fraternité. La laïcité rassemble les hommes d'opinions, religions ou de convictions diverses en une même communauté. Une communauté unit par un lien moral. Au quotidien, la laïcité, c'est l'affirmation de notre désir de vivre ensemble.

 

Liberté, égalité, fraternité.

 

Ces trois mots constituent les fondements de notre République.

 

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En ce sens, on ne peut évoquer la notion de laïcité sans parler de ce qui fonde notre société française, de ce qui nous unis, de ce qu'est l'identité française.

 

Ces derniers mois, avec le lancement du débat sur l'identité française, chacun a pu s'exprimer. Beaucoup de choses ont été dites. Beaucoup de notions telles que les discriminations, la démocratie et même la laïcité ont été employées.

 

Le débat reste et restera ouvert. Pour la simple et bonne raison que l'identité se vit et que se définition est en mouvement constant.

 

Ce qui importe aujourd'hui, alors que nous commémorons la loi de 1905, c'est de rappeler le sens du mot laïcité. Rappeler que c'est grâce à la laïcité que nous vivons aujourd'hui dans un pays où chacun est libre de ses opinions.

 

Je vous remercie.